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L'hebdo des Socialistes

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Jeudi 16 avril 2009

Y a pas à dire, la crise a bon dos. La direction d'Arcelor-Mittal a décidé de réduire de plus de moitié l'indemnisation des stagiaires ingénieurs employés sur le site de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône.

«La direction a reçu le 31 mars nos stagiaires par petits groupes et leur a annoncé que par “solidarité” et au nom de la crise ils devaient accepter l'annulation de leur prime de fin de stage ainsi qu'une réduction de leur gratification qui passera de 75% à 40% du Smic», dénoncent en cœur les syndicats. Résultat: les 33 ingénieurs-stagiaires de longue durée, qui avaient une rémunération mensuelle de 1.000 euros vont percevoir 450 euros de moins jusqu'à la fin de leur stage.

A prendre ou à laisser

Et pas la peine de la ramener. «La direction leur a clairement dit: ne vous plaignez pas, vous avez de la chance d’être là. Si vous n’êtes pas content, vous pouvez partir», nous détaille Jacques Bidart, délégué CGT d’Arcelor-Mittal, alerté par un courrier de stagiaire.

Pour l’instant, cette mesure de restriction ne concerne qu’une trentaine de stagiaires à Fos-sur-mer (sur 270 au total, selon les estimations de la CGT). Mais, selon le délégué central CFDT Patrick Auzanneau, «cette annonce ne présage rien de bon pour les autres sites. D'ailleurs, on sait déjà que cet été, aucune de nos usines n’embauchera des jeunes pour remplacer les ouvriers en vacances.»

Des stagiaires pour remplacer les CDD

Pour le collectif Génération précaire, qui lutte depuis 2006 contre les abus de stages, l’exemple de Fos-sur-mer est révélateur de l’utilisation des stagiaires comme force de travail. «A partir du moment où les indemnisations font elles aussi l’objet de coupes budgétaires, on a la preuve que les stagiaires sont intégrés dans l’équilibre global de l’entreprise». Le stage n’est plus un outil à la formation mais un job comme un autre, moins payé.

«Prendre des stagiaires ingénieurs est une forme de délocalisation, sans les inconvénients (barrière de la langue). Ils sont payés le même prix que les ingénieurs chinois!», s'indigne Guillaume, membre du colectif Génération précaire et interrogé par Libération. Il l'assure: «avec la crise, la durée des stages s’allonge. Les entreprises, surtout du secteur tertiaire, ont tendance à remplacer les CDD par des stagiaires peu ou pas payés, contournant allègrement la loi.»

 

On se demande juste si la direction du groupe font preuve d'autant de "solidarité" avec leurs primes et leurs salaires !

Par Alexandre LAPORTE
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Jeudi 16 avril 2009

Quelques faits divers auront suffi pour ramener sur le devant de la scène le thème de l'insécurité. L'intrusion dans un lycée de Gagny d'une bande de jeunes avait déjà ravivé au début du mois de mars, la question de la délinquance en bande. Le décès d’un jeune homme mardi, en plein Paris, suite à une bagarre qui n’a finalement pas grand-chose à voir avec le problème des bandes, a redonné de la vigueur au débat. Car le sujet de la sécurité, à l'origine de son succès politique, est un des domaines de prédilection du président Sarkozy. Plusieurs responsables politiques ont alors pointés du doigt les mauvais effets de la politique menée en la matière par le président.

Attaque à gauche...

En première ligne, c’est Martine Aubry qui attaque sur la sécurité, pour fustiger «l’échec (...) patent» de Nicolas Sarkozy. La première secrétaire du PS estime qu’en tant que ministre de l’Intérieur puis comme président, «Nicolas Sarkozy est chargé de la sécurité des Français» depuis 2002. «Cela fait un septennat d’instrumentalisation maximale des problèmes de sécurité» avec des «résultats a minima».

«Nous allons avoir de nouveau une loi sur les bandes, mais le meilleur moyen d’empêcher les bandes est d’être dans les quartiers et faire en sorte que les jeunes soient occupés et que la sanction tombe lorsqu’il y a des trafics ou des actes de délinquance.»

...contre-attaque à droite...

Aujourd’hui, l’UMP réplique, par la voix de Luc Châtel, le porte-parole du gouvernement, qui raille «la course effrénée à la démagogie» de Martine Aubry. Et pour le plaisir, il rajoute : «Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’elle gagne face à Ségolène Royal sur ce sujet.»

Aux accusations de la dirigeante du PS, Luc Châtel répond aussi par les chiffres – très controversés – de la délinquance en 2008. «Le taux de délinquance globale en 2008 est le plus bas depuis 1997» martèle-t-il. «Mme Aubry fait référence aux moyens, j’observe que ses amis n’ont pas voté la loi d’orientation sur la sécurité intérieure qui, en cinq ans, a permis de recruter 30.000 policiers supplémentaires et d’augmenter le budget de la police de 3 milliards d’euros. Donc je crois que c’est un mauvais procès et un mauvais combat.»

...et surenchère à droite de la droite

Il manquait à ce débat l’intervention d’un dernier protagoniste: l’extrême-droite. Avec l’interview de Marine Le Pen sur LCI ce mercredi matin, c’est chose faite. La fille du leader du Front national s’empare à merveille du thème favori de son parti.

Les policiers sont ainsi bridés par les politiques «qui les empêchent de faire leur travail». «La peur de la bavure est telle qu’elle est en train de paralyser nos forces de police. (...) Et elle permet une explosion de la délinquance de l’insécurité, une aggravation considérable de cette insécurité. (...) Il faut que le gouvernement offre à la population la sécurité, c’est la première des libertés.»

Par Alexandre LAPORTE
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Jeudi 26 mars 2009

Policiers et gendarmes ont des quotas de PV à remplir

Deux notes de service interne à la police prouvent l'existence de quotas. Au gouvernement, on préfère le terme d'«indicateurs d'activité chiffrés», mais on ne se montre pas choqué par cette pratique «si elle faite avec discernement».

On s’en doutait, c’est désormais une certitude. Policiers et gendarmes subissent des pressions de leur hiérarchie pour verbaliser les automobilistes à tire-larigot. Le magazine Auto Plus en apporte aujourd’hui la preuve, en publiant deux notes de service pour le moins explicites.

L'un des documents (à télécharger ici au format PDF) concerne la ville de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, et date du 15 janvier 2009. On lit d'entrée: «Vu les nécessités de décliner notamment des objectifs chiffrés en matière d’activité de voie publique et vu l’analyse des résultats obtenus en 2008, la présente note a pour objet de fixer les objectifs à atteindre en 2009 pour les brigades et unités spécialisées composant l’unité de sécurité de proximité».

230 amendes, 65 interpellations...

S’ensuit un énoncé hyper précis et détaillé des quotas à réaliser, infraction par infraction. Exemple: «Au cours de l’année 2009, chaque brigade de roulement de jour devra réaliser a minima les objectifs suivants: procéder à 65 interpellations, hors IPM (ivresse publique manifeste, NDLR) et délits routiers. Constater 24 autres délits routiers (défaut de permis ou d’assurance, refus d’obtempérer…), établir 230 T.A. (timbre-amende, NDLR) pour des infractions au Code de la route hors stationnement (non présentation des pièces administratives, non respect de la signalisation routière, défauts d’équipements…)» Il serait trop long de tout énumérer tellement la liste est détaillée.

A noter aussi: les objectifs fixés en matière de sécurité routière sont encore plus élevés pour la brigade de roulement de nuit, du simple au double par rapport à l’équipe de jour: «400 timbres-amendes pour les infractions type non respect de la signalisation, 150 pour les infractions relatives à un comportement dangereux, comme le non port de la ceinture ou l’usage du téléphone au volant», pour reprendre l’exemple de Châlons-en-Champagne.

Des précédents

Cette note de service est-elle un cas isolé, dû à un fonctionnaire particulièrement zélé? Ou bien une pratique devenue monnaie courante dans les services de police? Yannick Danio, porte-parole du syndicat Unsa police-le syndicat unique, n’est pas du tout surpris par cette note: «Ce n’est pas la première du genre. Des exemples de notes de service de ce type, on en a plein! Pour ne citer que les cas les plus récents: Agen et Marseille.»

Et d’enchaîner, remonté comme une pendule: «A partir du moment où on fait entrer une logique de rendement dans la police et la gendarmerie… Faut pas s’étonner d’avoir des dérapages de ce genre et des conséquences qui vont avec». Il insiste notamment sur la fatigue morale des agents de police, obligés de faire des heures sup pour remplir les objectifs. Ou encore, du fossé qui se creuse entre les policiers et la population. «C’est inévitable quand on privilégie comme aujourd’hui, la répression à la prévention…»

Pas un problème pour le gouvernement

Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, ne voit pas franchement où est le problème, «dans la mesure où ces indicateurs d'activité sont décidés localement et avec bon sens». Il l'assure: «Il n'y a pas de politique de quota au niveau national. La seule exigeance de la ministre Alliot-Marie: baisser de 7% le nombre de tués sur les routes, pour passer sous la barre des 4000 morts par an.»

Quant à Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat de policiers Alliance, il condamne fermement cette pratique, due «à une poignée de fonctionnaires de police zélés.» Mais le plus grave dans cette histoire, selon lui, c'est qu'«avec ces quotas, on empêche l’agent de police de faire preuve de discernement. Lui seul doit savoir sur le terrain quand il doit sanctionner»

«Cela dit, ajoute-t-il, si un agent chargé de la circulation revient de sa journée de travail sans avoir mis une seule contravention, y a un problème. C’est comme tout, il faut un juste milieu.»

Par Alexandre LAPORTE
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Mercredi 25 mars 2009

Le 28 août dernier, Hervé Eon, militant du Parti de Gauche, se rend à une manifestation lors du passage de Nicolas Sarkozy dans sa ville de Laval (Mayenne). Au moment où passe le convoi présidentiel et alors qu'il est interpellé par la police, il brandit une pancarte "Casse-toi pov' con".

Poursuivi par la justice pour "offense au chef de l'Etat", ce demandeur d'emploi de 56 ans et ancien conseiller général PS de Mayenne avait été condamné en novembre 2008 à une "amende de principe" de "30 euros avec sursis" par le tribunal de grande instance de Laval, alors que le parquet avait demandé une peine de 1.000 euros d'amende.

Très remonté à la suite de cette décision, il avait fait appel.

Le mardi 3 février, Hervé Eon a comparu devant la cour d'appel d'Angers (Maine-et-Loire). Lors de cette audience, il avait déclaré: "Au fond de moi-même, je n'ai pas le sentiment d'avoir offensé le chef de l'Etat" et "je n'irai pas m'excuser".

(Images France 3 Pays de Loire)

Ce mardi, la cour d'appel d'Angers a confirmé la condamnation à 30 euros d'amende avec sursis prononcée en première instance pour offense contre le chef de l'Etat contre Hervé Eon.

La cour d'appel a confirmé le délit d'offense en soulignant que Hervé Eon avait préparé son acte et délibérément brandi son affichette au passage du cortège présidentiel enaoût dernier. "Son engagement politique et la nature même des propos employés, parfaitement prémédités, exclut définitivement toute notion de bonne foi", indique l'arrêt de la cour.

Du coup, Hervé Éon a aussitôt déclaré qu'il allait se pourvoir en cassation et qu'il était prêt à aller, si nécessaire, devant la Cour européenne des droits de l'homme.

À l'annonce de l'arrêt de la cour d'appel, Hervé Éon a déclaré: "Je m'attendais à être condamné. Mais je trouve cette décision ridicule. J'irai jusqu'à la Cour européenne des droits de l'Homme pour faire changer la loi, s'il le faut. Car ce délit d'offense au chef de l'Etat est absurde, d'autant plus qu'il n'existe plus dans beaucoup de pays européens."

Ce procès "est un combat politique pour l'abrogation du délit d'offense", a-t-il encore expliqué.

Par Alexandre LAPORTE
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Jeudi 12 mars 2009
Pour leur séjour privé, le Président et sa femme ont résidé dans l'hôtel d'un milliardaire accusé d'être un "narco-banquier".

Dans le journal de 8 heures ce mercredi matin, RTL se pose la question :  « Un milliardaire mexicain a-t-il payé le séjour du couple Sarkozy ? » Difficile de savoir si c'est le cas :  alors que l'Elysée affirme que c'est l'Etat mexicain qui a pris en charge l'ensemble du séjour du couple présidentiel français, une source - « un haut diplomate mexicain » - a affirmé à RTL que « ce n'est sûrement pas la présidence du Mexique qui a payé pour un séjour hors d'une résidence de l'Etat mexicain ».

Si la version de l'Elysée est la bonne, on peut s'étonner que le contribuable mexicain ait dû payer pour la partie privée du séjour des Sarkozy. La question du financement des vacances du Président se pose encore, comme elle s'était posée pour le yacht Paloma de Vincent Bolloré, le jet prêté par le même Bolloré pour un séjour en Egypte, la magnifique villa des vacances à Wolfeboro ou, il y a trois semaines, ce petit scoop de Rue89 passé inaperçu sur les 4X4 que les Sarkozy auraient « empruntés » à Nissan pour leur séjour à Megève.

Mis en cause dans un journal mexicain

Ce qui est certain à en croire nos confrères, c'est que le couple Sarkozy a séjourné dans un hôtel appartenant au milliardaire en question, Roberto Hernandez Ramirez, une des plus grosses fortunes du Mexique. L'hôtel, El Tamarindo Beach and Golf Resort, abrite une suite présidentielle à 3500 dollars la nuit, où aurait dormi le couple, selon Mediapart (sur abonnement). Interrogé par RTL, un conseiller de l'Elysée n'a pas démenti, mais n'a pas confirmé non plus. Dans un autre genre, le site Purepeople.com l'affirmait aussi, dès dimanche soir.

Mais personne n'a relevé que le banquier Roberto Hernandez Ramirez, ancien PDG de la banque Banamex et membre du conseil d'administration de Citigroup (une des plus grandes institutions financières de la planète), souffre d'une réputation pour le moins sulfureuse. Dans les années 1990, il a été soupçonné au Mexique de faire transiter par ses propriétés de la cocaïne sud-américaine et de participer au blanchiment de l'argent de la drogue.

Dans le Boston Phoenix, en 1999, le journaliste Al Giordano résumait ainsi une enquête menée par le journal mexicain Por Esto : 

« D'après le journal et ses sources, les propriétés côtières acquises par Hernandez à la fin des années 80 et au début des années 90 étaient le point d'entrée de quantités massives de cocaïne livrées dans des vedettes rapides colombiennes.

De là, des tonnes de drogues étaient chargées dans des petits avions et envoyées vers le nord depuis l'aérodrome privé de Hernandez. Hernandez, écrivait le journal, blanchissait l'argent de la drogue à travers des installations hôtelières d''éco-tourisme' vides.

L'enquête [de Por Esto] a été un tour de force journalistique, aboutissement de 26 mois d'investigation sur les 43 kilomètres de propriétés en front de mer de Hernandez -un secteur surnommé par les habitants 'le triangle de la cocaïne'.

Le journal est même allé plus loin :  il a déposé des plaintes pénales contre Hernandez pour trafic de drogue, vol de trésors archéologiques nationaux [...], et pour les dégâts environnementaux causés par les opérations de trafic de cocaïne sur [une] réserve naturelle. »

Banamex déboutée au Mexique et aux Etats-Unis

Extrait du journal « Por Esto » sur Roberto Hernandez RamirezTitré « Clinton et ses copains narcos mexicains », cet article d'Al Giordano a été attaqué par la banque Banamex (dont des employés ont été impliqués, en 1998, dans la fameuse opération antiblanchiment « Casablanca »), dirigée à l'époque par Hernandez. La cour suprême de New York et la justice mexicaine ont débouté Banamex.

En 2007, Al Giordano, spécialiste mondialement reconnu du trafic de drogues en Amérique latine (il a écrit aussi pour le Washington Post et le San Francisco Chronicle), publiait sur son site Narconews un nouvel article sous ce titre :  « Un 'narco-banquier' accusé d'héberger la rencontre Bush-Calderon au Yucatan. »

Le « narco-banquier » était Roberto Hernandez Ramirez, qui avait déjà organisé, toujours dans son hacienda de Temozon Sur dans le Yucatan, une rencontre entre les précédents présidents Clinton et Zedillo. C'est d'ailleurs en tant qu'ami du président Calderon que Ramirez a accueilli le couple Sarkozy.

Addendum le 12/03 à 11h48 :  comme le relève RTL ce jeudi matin, l'opposition mexicaine demande au gouvernement des explications sur le financement du séjour des Sarkozy.


Par Alexandre LAPORTE
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Mercredi 11 mars 2009

«Qu'un groupe comme Total, qui fait plusieurs milliards de bénéfices, ne soit pas capable dans cette période d'avoir un comporte ment exemplaire en termes d'emploi me reste en travers de la gorge.» C'est le secrétaire d'État à l'Emploi Laurent Wauquiez qui lancé le premier coup de gueule mardi contre le plan de licenciement de Total, qui a annoncé 555 suppressions de postes d’ici 2013, alors que le groupe a dégagé en 2008 le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français, en hausse de 14% sur un an à 13,9 milliards d’euros.

«En cette période de crise, beaucoup d'entreprises sont dans des situations dures, ne font plus de bénéfices, ont des chiffres d'affaires dégradés et font pour autant tous les efforts possibles pour garder leurs salariés, notamment dans les PME», a insisté Wauquiez.

Colère aussi à la CGT: «Total, en plein procès AZF (…) supprime des emplois pour maintenir ses bénéfices à un niveau qui devient inacceptable au regard de la situation sociale du pays», s’est indigné le syndicat de Total Petrochemicals France (TPF).

«Stratégie défensive»

«C'est à la fois indéfendable et injustifiable», a également dit Bernard Thibault ce matin sur LCI. Pour un groupe «dont on dit qu'il a fait 14 milliards de profits records, dans une période où l'on dit que l'emploi est la préoccupation numéro un (...), comment peut-on justifier que des entreprises qui sont dans une telle situation financière puissent justifier l'annonce de suppressions d'emplois».

La CFDT a dénoncé, elle, une «stratégie industrielle purement défensive», estimant que Total devait «être un acteur de l’emploi durable» surtout dans des régions qui «ont largement contribué» à son «succès».

Total a annoncé hier mardi deux projets de restructuration: un «plan de consolidation» de la pétrochimie qui prévoit la suppression de 306 postes d’ici 2012, sans aucun licenciement sec, selon syndicats et direction, et un «projet d’adaptation du raffinage en France» qui induit la suppression de 249 postes d’ici 2013, sans licenciement sec non plus, selon la direction et les syndicats. D’après la CGT, ces 249 postes correspondent à 309 emplois, car certains postes sont occupés par plusieurs salariés.

Par Alexandre LAPORTE
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Vendredi 27 février 2009
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Nicolas SARKOZY : auteur du hold-up du siècle de deux banques de l’économie sociale et solidaire.

Le Député-maire de Lens dénonce une récupération sans scrupule de deux organismes bancaires issus de l’économie sociale et solidaire que sont la Caisse d’Épargne et les Banques Populaires. Les fonds constitutifs et historiques de ces deux banques proviennent des dépôts centenaires de modestes salariés du privé, de la fonction publique, mais aussi de retraités, de commerçants, d’artisans, d’enfants et de petits-enfants, d’anciens mineurs de fond… Guy DELCOURT rappelle que ces deux établissements sont nés en sociétés coopératives, où la règle indivisible est « un homme, une voix », le partage des excédents étant réalisé au profit des sociétaires, au prorata du nombre de parts sociales. Le Député-maire de Lens sait bien que l’économie sociale et solidaire n’a plus sa signification dans un monde bancaire et assurantiel au coeur de l’économie de marché actuelle, mais tient malgré tout à préciser sans ironie « qu’un homme, une voix », ça voulait dire celle de chacun des sociétaires et non celle de Nicolas SARKOZY, fusse t-il Président de la République. Un Président qui n’a surement pas de parts sociales au sein de ces établissements, et n’a donc aucune habilitation à en nommer le futur Président Directeur Général. Quand on parle de déontologie, on va jusqu’au bout ! Il y en a vraiment assez de ce président de la République qui chaque jour ne cesse de donner des leçons aux Français et applique ses propres règles du jeu, même quand elles sont en dehors des lois républicaines. Guy DELCOURT appelle donc les sociétaires historiques de ces deux organismes bancaires à adresser un appel en ce sens à celui qui détourne l’idéal coopératif, et s’accapare le pouvoir faisant fi des règles de droit qui dans un autre contexte, et s’il s’agissait d’un simple citoyen, emmèneraient directement l’usurpateur en prison.

Guy DELCOURT Député du Pas-de-Calais Maire de Lens
Par Alexandre LAPORTE
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Samedi 21 février 2009
Six Français sur dix estiment que la politique de Nicolas Sarkozy contre la crise n'est pas efficace, selon un sondage CSA à paraître vendredi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Malgré l'annonce de nouvelles mesures fiscales et sociales à l'issue du sommet qui a réuni les partenaires sociaux mercredi à l'Elysée, seules 32% des personnes interrogées jugent que le chef de l'Etat lutte efficacement contre la crise, selon cette étude. Elles étaient 35% à juger la politique du président efficace lors de la précédente étude du 6 février. Près d'un Français sur deux (49%) estime que cette politique n'est pas cohérente et 54% qu'elle n'est pas juste. Par ailleurs, seules 19% des personnes interrogées pensent que les mesures annoncées - essentiellement en faveur des plus modestes et de l'emploi - auront un effet positif sur leur situation personnelle, alors que 71% disent s'attendre à un effet "pas positif". L'appel interprofessionnel à la mobilisation que les syndicats ont maintenu à l'issue de ce sommet social recueille une majorité d'avis positifs, puisque 62% des Français disent avoir du soutien ou de la sympathie pour ce mouvement. Leur part est cependant en recul de sept points par rapport au mouvement unitaire du 29 janvier, baisse équivalente à l'augmentation de ceux qui s'y disent hostiles (19%). Le sondage a été réalisé par téléphone le 19 février auprès d'un échantillon de 820 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus.
Par Alexandre LAPORTE
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Vendredi 13 février 2009
Jégo incapable de résoudre la crise en Guadeloupe, Pécresse débordée par les enseignants-chercheurs, Darcos face aux lycéens… Tous ces membres du gouvernement ont un point commun: un médiateur, qui joue leur rôle.

Le gouvernement va mal. Brinquebalant, le vernis est craqué de partout. Ses membres sont sous assistance. Très en vogue, la béquille ministérielle, plus communément appelée «médiateur». Doux euphémisme pour «ministre désavoué et/ou incompétent».

Prenez Jégo. En mars 2008, ce sarkozyste pur jus est récompensé de sa fidélité par le poste de secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Pas de chance, le 20 janvier, une grève générale débute en Guadeloupe. Le sous-ministre attend 12 jours pour se rendre dans l'île. Incapable de trouver une sortie de crise,il revient en catimini à Paris, dans la nuit de dimanche à lundi. Avant de repartir mardi soir, mais flanqué de deux médiateurs, chargés de négocier à sa place. Deux béquilles valant mieux qu’une dans son cas.

Désignés par Matignon, les deux désamorceurs de crise se nomment Jean Bessière, directeur général adjoint du travail, et Serge Lopez, directeur général du travail d’Aquitaine. Yves Jégo, lui, assure tranquillement n’avoir «pas le sentiment» d’être désavoué. «Le rôle des médiateurs va être celui, difficile, d’accoucher d’un accord», dit-il. Et lui d’avaler des couleuvres.

Grillée pour la négociation

Autre portefeuille, même punition. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, en proie à la fronde des enseignants-chercheurs et grillée pour la négociation, a aussi droit à sa médiatrice. Entre deux journées de mobilisation, Claire Bazy-Malaurie est désignée – officiellement par Valérie Pécresse – pour retravaillée le décret controversé qui modifie le statut des enseignants-chercheurs.
 
Sa mission ? «Recevoir tous les membres de la communauté universitaire, les organisations représentatives, les conférences, etc., pour écouter, connaître leurs observations (…) et éventuellement leurs propositions», a-t-elle expliqué, pour «construire un nouveau texte» au final. Autrement dit: le job de la ministre. «Le travail est désormais entre ses mains», a reconnu elle-même Valérie Pécresse.

Inexistence

L’ensemble de l’éducation est mal-en-point. Puisque le mois dernier, son collègue de l’Education national, Xavier Darcos, s’est vu aussi afubbler d'une aide, en la personne de Richard Descoings, directeur de Sciences Po Paris. Le 12 janvier, Nicolas Sarkozy l’a bombardé à la tête d’une «mission» chargée de «conduire la concertation» pour la réforme des lycées, officiellement repoussée d’un an, après la forte mobilisation des lycéens. «C’est moi qui ai souhaité que Richard Descoings vienne m’aider, je vais lui faire une lettre de mission aujourd’hui pour bien préciser comment j’entends voir son travail s’organiser», tentait d’assurer Darcos.

Autre ministre à briller par son inexistence: Bernard Laporte. Nicolas Sarkozy lui a carrément retiré l'une de ses prérogatives. C’était aussi le 12 janvier. Jusque-là secrétaire d’Etat chargé de la Jeunesse et des Sports, Laporte se voit déchargé de la jeunesse – qui peut citer une de ses actions en la matière ? – confiée au haut-commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch.

A qui le tour ?

Qui sera le prochain ? Dati ? Son sort est scellé. Sauf surprise, elle quittera le gouvernement en juin après avoir été élue députée européenne. Peut-être Bachelot, avec la réforme de l’hôpital. La réforme du nombre d’échelon administratif (départements, régions, etc) pourrait aussi donner du fil à retordre à la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie et son secrétaire d’Etat Alain Marleix, chargé des collectivités territoriales. Et Bernard Kouchner ? En difficulté après la sortie du livre de Péan, il aura peut-être besoin de l’"erreur" Rama Yade – c’est ainsi qu’il avait qualifié la création du secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme – aujourd’hui devenue personnalité politique préférée des Français…

Par Alexandre LAPORTE
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Jeudi 29 janvier 2009

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a proposé lundi de sanctionner les syndicalistes qui abusent du droit de grève, à trois jours de la grève générale interprofessionnelle de jeudi. "Il est temps d'avoir une réaction ferme sur des abus qui ne sont plus supportés par nos compatriotes", a-t-il dit.

"Nous sommes bien décidés à ce que l'abus du droit de grève soit sanctionné", a-t-il dit lors du point-presse hebdomadaire de l'UMP, en prenant en exemple le blocage de la gare Saint-Lazare récemment. "Respect pour le droit de grève. Sanction pour les abus", a-t-il résumé.

"J'ai fait notamment la proposition que les responsables syndicaux soient traités comme le sont les élus, c'est-à-dire que dans l'échelle des sanctions ça puisse aller jusqu'à l'interdiction d'exercer des libertés syndicales" en cas "d'abus de droit ou de faute grave", a expliqué M. Lefebvre.

Selon le porte-parole de l'UMP, "protéger les Français contre les abus de ces droits, c'est d'une certaine manière renforcer ces droits eux-mêmes. Parce que ce qui fragilise aujourd'hui le droit de grève, c'est l'abus de droit de grève".

Par Alexandre LAPORTE
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