«Nous hésitions entre le non et le non. Ce sera non.» Le sénateur Bernard Frimat, orateur du PS au Palais du Luxembourg sur la réforme des institutions, résume la position des socialistes à cet endroit : inflexible. A cinq jours d’un Congrès qui se jouera à une poignée de voix près, le PS a opposé une fin de non-recevoir aux propositions avancées in extremis, dans le Monde, par Nicolas Sarkozy. Une fermeté justifiée, aux yeux des socialistes, sur la forme : «Il prétend renforcer les droits du Parlement, et c’est lui qui donne les règles du jeu», déplore François Hollande. Et, aussi, sur le fond : «On est plus dans l’ordre de l’aumône démocratique que dans la vraie concession», estime Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale
Sur ce dernier point, le PS n’a donc pas considéré que les conditions expresses qu’il avait posées étaient remplies. «Le Président condescend à permettre à l’opposition d’avoir un droit de réponse, mais uniquement dans les grandes émissions, décrypte François Hollande. Quand il interviendra à chaque journal télévisé sur ses déplacements et ses initiatives, son temps de parole restera sans réponse.»
«Mystification». Mais «le point de rupture, c’est la question de la majorité sénatoriale», estime le sénateur Robert Badinter. Après que le chef de l’Etat a ressorti des tiroirs une proposition de loi de 1999, déposée par le sénateur UMP Henri de Raincourt et proposant d’abaisser de 30 000 à 9 000 le seuil de population à partir duquel les communes élisent des grands électeurs supplémentaires, le patron des sénateurs socialistes, Jean-Pierre Bel, a évoqué «un grand numéro de mystification».
A l’arrivée, donc, refus sur toute la ligne. Le député André Vallini résume : «Si cette réforme passe lundi, ce sera une réforme a minima plutôt qu’un grand consensus républicain. Une réforme étriquée votée par une majorité étriquée.»





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